Gepost door: dejister | 17 oktober 2013

FRANCESCO CAROTTA CONTRE THOMAS FERRIER

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                                                        Thomas Ferrier

http://www.enquete-debat.fr/archives/reponse-de-thomas-ferrier-a-franscesco-carotta-42652

Réponse F.Carotta
Red:JvF

Thomas Ferrier tente de noyer le poisson. Il ne veut pas admettre que si on ne trouve nulle part l’expression Deus Caesar, c’est seulement pour des raisons de syntaxe latine, pas de signification. Je le renvoie à nouveau à Schwering.

Prétendre que César n’ait jamais été considéré un dieu est un mensonge énorme, dont on s’étonne, voir l’oraison funèbre d’Antoine reportée par Dion Cassius (HR 44,37,4), qui dit même déjà auparavant qu’il a été appelé carrément « Jupiter Iulius » (HR 44,6,4). Que les empereurs qui ont été déifiés aient été tous tués, est faux, voir Auguste, Claudius, etc. La seule différence que l’on peut noter c’est éventuellement entre ceux qui se sont fait déifier eux-mêmes de leur vivant, et ceux qui le furent posthumes.

Il croit avoir trouvé un point fort en disant que Jésus, contrairement à César, était asexué. Or aucun fondateur de religions n’est autant entouré de femmes que Jésus. Ce n’est pas par hasard qu’il y a toute une littérature là-dessus, et même une édifiante cinématographie, sur sa relation avec la Madelaine notamment, et que celle avec Nicodème à Béthanie, ou encore avec “le disciple qu’il aimait”, Jean, soit tout aussi en odeur d’homosexualité que celle de César avec Nicomède de Bythinie ou avec son fils adoptif Octavien (voir ce qu’Antoine insinue dans Suétone, Aug. 68).  Il ignore probablement que justement ce milieu là, où agit Jésus et où les femmes sont si libres et ont un rôle si prononcé, pour ne pas dire dominant, est un des faits qui a fait douter les spécialistes des études bibliques que le cadre originaire de l’évangile ait pu être la Judée, où cela aurait été impensable, mais plutôt hellénistique, voir romain.

Quant à cette phrase:
Et laisser penser en outre que nos ancêtres « païens » aient pu prendre un homme pour un dieu, ce qui est le comble de l’impiété à leurs yeux (l’hybris grecque, la superbia latine), c’est les prendre pour des imbéciles.

– elle est simplement grotesque, en vue du fait des nombreux hommes pris par nos ancêtres païens pour des dieux, qu’avant les empereurs romains sont les souverains hellénistiques: Philippe II, Alexandre le Grand, les Antigonides, les Ptolémées + Antoine et Cléopatre, les Seleucides et autres monarches. Pour leur liste je renvoie ici à des auteurs de langue française, pour que tout un chacun puisse le vérifier: Un concurrent du Christianisme: Le culte des souverains dans la civilisation gréco-romaine, par L. Cerfaux et J. Tondriau, Tournai 1957, où on montre bien que celui des empereurs était un vrai culte (avec même Imprimatur de l’autorité ecclésiastique!).

Par contre, s’il y a un pays et un endroit où on ne pouvait pas prendre un homme pour un dieu, c’est justement là où Thomas Ferrier situe Jésus Christ: en Judée, voir P.-L. Couchoud, dans la note 311, en français d’ailleurs, du livre qu’il a rangé dans sa bibliothèque probablement sans l’avoir lue:
P.-L. Couchoud, Le Mystère de Jésus. Paris 1924, p. 84–5: «Dans plusieurs cantons de l’empire déifier un particulier était chose faisable. Mais dans une nation au moins la chose était impossible: c’est chez les Juifs. […] Comment soutenir qu’un juif de Cilicie, pharisien d’éducation, parlant d’un juif de Galilée, son contemporain, ait pu employer sans frémir les textes sacrés où Jahvé est nommé? Il faudrait ne rien savoir d’un juif, ou tout oublier.» […] p. 113: «Il était frivole de s’opposer jusqu’au martyre à l’apothéose de l’empereur pour y substituer celle d’un de ses sujets. […] En tout cas une déification, en milieu juif, même de la Dispersion, reste un fait sans exemple».

La citation finale est plus amusante encore:

Enfin, César a été incinéré, comme les héros, et non mis dans un tombeau, comme Jésus.

Comme si les cendres de César avait été dispersées, et non pas ses os recueillis dûment et mis dans son tombeau au Champ de Mars (voir Dion Cassius 44.51.1–2), et comme si le moment de la Résurrection du Christ ne soit pas justement le feu Pascal, rituel mieux conservé par les Grecs, qui quand le célébrant met le feu au bûcher s’écrient: Christos anesti!, “Le Christ est ressuscité!”.

Et puis ça:

Personne n’a prétendu l’avoir vu en sortir ni n’a affirmé qu’il avait ressuscité.

Dommage seulement qu’il y ait des monuments de l’époque d’Auguste, qui représentent la montée au ciel du Divus Iulius sur l’exemple de celle de Romulus (ou vice-versa), où l’on voit le témoin justement, qui l’indique du doigt (cf. l’autel d’Auguste, Vatican, Museo Gregoriano Profano, dans notre livre fig. 84). (figure à gauche) Dommage aussi qu’on trouve la même représentation dans la plus vieille Ascension du Christ que l’on peut voir dans la nécropole sous Saint Pierre à Rome: (figure à droite)

Unknown

Une autre coïncidence fortuite? Comme le hasard des fois fait bien les choses!

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